Voila,je voulais vous parler de mon livre culte,à savoir Gormenghast,écrit par Mervyn Peake dès 1945.Pardon si je vais etre longue.
Je pourrai vous raconter sa vie dans le detail,mais le plus important est qu'il trouvait que la vie etait d'une absurdité sans nom,ou l'humanité essaye de ne pas devenir folle sous l'avalanche de malheurs,de disparitions,d'horreur.
Ce sont ces differents constats qui lui font jeter sur le papier les bases de ce qui va etre,à mon sens,un réel chef d'oeuvre de la litterature,un conte noir et grotesque :
Gormenghast.
Une trilogie inclassable à l'athmosphère originale,dementielle,ou l'horreur et l'humour,la mélancolie et le ridicule se lancent dans une sarabande effrenée.A la fois cauchemardesque et fantaisiste.D'une force rarement vue.
Ordinaire,parcequ'elle ne parle de rien d'autre que de la desesperante condition humaine.
L'histoire est très simple:imaginez un chateau sombre de pierres grises,labyrinthique,entièrement entouré d'un immense mur qui le coupe du monde.
D'ailleurs,ailleurs que dans ces murs,existe-t-il,le monde?A part ces hommes et ces femmes habillés de peaux de betes,qui vivent dans la foret,on ne le saura jamais.
Il y a
Lord Tombal,vieil homme courbé,un peu absent,toujours plongé dans ses livres.
Il y a
Gertrude,imposante et flamboyante épouse de Tombal,un corbeau sur l'épaule,suivi d'une armée de chats et d'oiseaux,revant sur son balcon à son envol parmi eux.
Il y a
Fuchsia,petite "sauvageonne" brune,à la fois passionnée et melancolique,passant son temps dans le grenier à rever...
Il y a le
docteur Salprune,seule personne sensée,humouristique,vivant avec sa soeur
Irma,veille fille frustrée dans sa vie de femme.
Il y a
Nanny Glu,la nourrice,aimant Fuchsia d'un amour bien trop aveugle.
Il y a
Craclosse,le valet habillé de noir,la fidelité meme,dont les os s'entrechoquent à chacun de ses pas.
Il y a
Lenflure,le cuisinier,immonde et aggressif,l'ennemi juré de Craclosse.
Il y a
Cora et
Clarice,les jumelles releguées dans un coin sombre du chateau,cote à cote eternellement,murées dans leur silence ou jalousie et aigreur sont reines,parfaites dans leur mimetisme intriguant.Elles sont la parcequ'on les a jugées dementes...Il y a un poète,une armée de proffesseurs...
Il y a
Finelame,enfin...un jeune garcon au front haut,mince et apprenti de cuisine de son etat,qui se morfond dans l'obscurité.Ce que lui deteste,c'est sa vie.Il hait les cuisines,il hait Lenflure,parfait petit tyran pour de jeunes garcons tels que lui.La cuisine,c'est son enfer.Et il decide un jour de s'enfuir.Decide que son destin ne sera pas celui-là.Que son destin est dans les cimes du chateau.D'ailleurs,il est rusé.Il connait l'ame humaine dans ses moindres recoins.Il sait flatter,se courber devant plus fort que lui.Et ce petit démon s'enfuit bien vite pour accomplir son but...au moment ou Gertrude met au monde le 77ème Lord Tombal,
Titus.Il sera le grain de sable dans la mecanique quasi-parfaite du chateau.
A Gormenghast,tout le monde reve.On trouve sa nourriture spirituelle dans les livres,dans l'imagination,dans de fausses chimères.On reve parceque la vie est etouffante,parceque les rites ancestraux sont pesants.Parcequ'on se sent inutile.Et les reves en deviennent encore plus angoissants...
Gormenghast dans la langue de Shakespeare,c'est cela:gore,le sang,et to be aghast,signifie "etre frappé d'horreur".
Desolée d'avoir ete aussi longue,je n'ose meme pas me relire.
Merci à celles et ceux qui ont eu le courage de me lire.

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La vie est un reve,c'est le reveil qui nous tue
